Une boutique de quartier, un restaurant, un cabinet médical ou une salle de sport peuvent tous relever du statut d’établissement recevant du public. Leur classement repose sur deux repères complémentaires : le type d’ERP, lié à l’activité exercée, et la catégorie ERP, déterminée principalement par l’effectif accueilli. Ce couple de lettre et de chiffre permet de savoir quelles règles de sécurité s’appliquent au local.
Pour un projet d’aménagement ou de changement d’activité, cette distinction est concrète : elle peut influencer les sorties, l’alarme, le désenfumage ou les vérifications à prévoir. Imaginez Camille, qui souhaite transformer une ancienne boutique en café. Avant de choisir les matériaux ou de dessiner la salle, elle doit identifier le type de son établissement et calculer l’effectif maximal autorisé. C’est ce croisement, et non la seule surface du local, qui oriente le classement ERP.
Les règles varient aussi selon l’activité : un restaurant et un magasin accueillant le même nombre de personnes ne sont pas nécessairement soumis aux mêmes exigences. Les seuils réglementaires propres à chaque type comptent donc autant que le nombre de visiteurs envisagé. Voici comment lire ce classement et quels repères vérifier avant de préparer une ouverture ou des travaux.
En bref : les repères pour comprendre une catégorie ERP
- Le type d’ERP correspond à l’activité : M pour un magasin, N pour un restaurant, U pour un établissement sanitaire, par exemple.
- La catégorie ERP va de la 1re à la 5e et dépend de l’effectif calculé selon des règles propres à l’activité.
- Pour les catégories 1 à 4, l’effectif comprend le public et le personnel. En 5e catégorie, le personnel n’est pas comptabilisé dans le seuil de classement.
- La 5e catégorie concerne les établissements dont l’effectif du public reste sous les seuils fixés pour leur type.
- Le classement aide à déterminer les obligations de sécurité incendie. L’accessibilité PMR répond aussi à des règles spécifiques, applicables aux ERP selon leur situation.
- En cas de doute, rapprochez-vous de la mairie : le classement est examiné dans le cadre des démarches administratives, avec l’intervention éventuelle de la commission de sécurité.
À quoi sert le classement ERP d’un établissement ?
Le classement donne un cadre aux mesures à prévoir pour protéger les personnes accueillies. Il intervient notamment dans l’application des règles de sécurité incendie : évacuation, dégagements, alarme, désenfumage et choix de certains équipements. Le niveau d’exigence dépend à la fois du type d’activité et de la catégorie retenue.
Il ne résume toutefois pas l’ensemble de la réglementation ERP. L’accessibilité PMR, les installations techniques et les conditions d’exploitation font aussi l’objet de dispositions particulières. Un petit local n’est donc pas dispensé de toute obligation parce qu’il appartient à la 5e catégorie.
Dans le cas du café de Camille, la lettre N indique une activité de restauration, tandis que la catégorie dépend de l’effectif calculé et des seuils applicables. Deux établissements ayant la même lettre peuvent ainsi relever de catégories différentes, et devoir organiser leur aménagement en conséquence.
Les types d’ERP : une lettre selon l’activité
Le type d’ERP désigne la nature de l’exploitation. Les établissements courants sont identifiés par une lettre majuscule ; certains établissements particuliers, comme les chapiteaux ou les structures de plein air, utilisent un sigle. Cette première étape est essentielle, car les modalités de calcul de l’effectif et certaines mesures de sécurité varient selon l’usage des lieux.
| Lettre ou sigle | Activité principale | Exemples |
|---|---|---|
| J | Accueil de personnes âgées ou de personnes handicapées | EHPAD, structures d’accueil adaptées |
| L | Salles de spectacles, de conférences ou à usage multiple | Théâtre, salle de concert, salle des fêtes |
| M | Magasins et centres commerciaux | Boutique, supermarché |
| N | Restaurants et débits de boissons | Restaurant, café, bar |
| O | Hôtels et pensions de famille | Hôtel, auberge |
| R | Enseignement et accueil d’enfants | École, crèche, centre de loisirs |
| U | Établissements sanitaires | Hôpital, clinique |
| W | Administrations et bureaux recevant du public | Mairie, agence bancaire |
| X | Établissements sportifs couverts | Gymnase, salle de sport |
| PA, CTS, PS | Types d’établissements particuliers | Établissement de plein air, chapiteau, parc de stationnement couvert |
Cette liste présente quelques types fréquents, mais la nomenclature en comprend d’autres, notamment les bibliothèques, les musées, les lieux de culte et les salles de danse. Une activité secondaire ne modifie pas automatiquement le type : lorsque plusieurs usages coexistent, il faut examiner la configuration réelle du site et les règles applicables.
Les 5 catégories ERP et leurs seuils d’effectif
La catégorie dépend de l’effectif maximal susceptible d’être admis, calculé suivant le type d’établissement. Pour les quatre premières catégories, le calcul prend en compte le public et le personnel. En 5e catégorie, le seuil est établi à partir du public ; les salariés ne sont pas ajoutés à cet effectif pour déterminer le classement.
| Catégorie ERP | Effectif de référence | Repère général |
|---|---|---|
| 1re catégorie | Plus de 1 500 personnes | Effectif le plus élevé |
| 2e catégorie | De 701 à 1 500 personnes | Établissement de grande capacité |
| 3e catégorie | De 301 à 700 personnes | Capacité intermédiaire |
| 4e catégorie | Jusqu’à 300 personnes, au-dessus du seuil de la 5e catégorie | Effectif inférieur à celui de la 3e catégorie |
| 5e catégorie | Effectif du public inférieur au seuil défini pour le type concerné | Seuil variable selon l’activité et la configuration |
La 5e catégorie n’a pas un seuil unique applicable à tous les locaux. Les seuils réglementaires varient selon le type d’ERP et peuvent aussi tenir compte des niveaux ou des espaces concernés. Les petits commerces, cabinets et restaurants peuvent en relever, mais il faut vérifier leur situation précise plutôt que se fier à une moyenne ou à la seule superficie.
Les catégories 1 à 4 constituent le premier groupe ; la 5e forme le second. Ce repère permet de comprendre l’organisation du classement, mais il ne remplace pas le calcul réglementaire propre à chaque activité.
Comment déterminer la catégorie ERP de votre local ?
Pour classer un projet, procédez dans un ordre simple. Le calcul de l’effectif du public n’est pas toujours une estimation libre : il s’appuie sur les règles correspondant à l’activité et aux espaces accessibles. Une capacité annoncée sur un plan ou une jauge choisie pour le confort ne suffit donc pas, à elle seule, à établir le classement.
- Repérez l’activité principale. Un magasin relève généralement du type M, un restaurant du type N et un bureau ouvert au public du type W. Si plusieurs activités sont réunies, décrivez chaque usage lors de l’examen du dossier.
- Établissez l’effectif maximal. Appliquez les règles du type concerné aux espaces accessibles, puis tenez compte du personnel lorsque la catégorie l’exige. Les modalités peuvent différer d’un établissement à l’autre.
- Comparez le résultat aux seuils. Si l’effectif du public reste sous le seuil correspondant à la 5e catégorie, l’établissement peut relever de celle-ci. Au-delà, il appartient au premier groupe et se situe dans l’une des catégories 1 à 4 selon l’effectif total.
- Faites confirmer le classement dans le cadre des démarches. La mairie et, selon le projet, la commission de sécurité peuvent examiner le dossier, notamment lors d’une création, d’un changement d’activité ou d’une demande d’ouverture.
Reprenons le café de Camille : avant de fixer le nombre de places, elle vérifie les règles de calcul applicables au type N et la configuration exacte des espaces. Une modification de l’aménagement peut changer la capacité retenue ; mieux vaut donc faire valider le classement avant de finaliser les plans.
Quelles obligations découlent du classement ERP ?
Le type et la catégorie orientent les dispositions de sécurité incendie à appliquer : caractéristiques des sorties, largeur des dégagements, alarme, dispositifs de secours ou conditions de désenfumage, selon les textes qui concernent l’établissement. Les exigences ne se déduisent pas du seul chiffre de catégorie ; l’activité, la configuration et les équipements présents comptent également.
La catégorie influe aussi sur les modalités de suivi et les visites susceptibles d’être réalisées par la commission de sécurité. Le calendrier et la nature des vérifications varient selon les caractéristiques de l’ERP : il est préférable de consulter les prescriptions applicables à son établissement plutôt que de s’appuyer sur une fréquence générale.
Enfin, l’accessibilité PMR doit être étudiée parallèlement. Un classement en 5e catégorie ne signifie pas que l’accès, les cheminements ou les équipements destinés aux personnes handicapées peuvent être négligés. Pour l’exploitant, un registre de sécurité tenu à jour constitue un repère essentiel pour consigner les informations et vérifications relatives à la sécurité de l’établissement.
Questions fréquentes sur le classement d’un ERP
Quelle est la différence entre le type et la catégorie ERP ?
Le type, désigné par une lettre ou un sigle, correspond à l’activité exercée. La catégorie, numérotée de 1 à 5, dépend de l’effectif calculé selon les règles propres à cette activité. Le classement complet associe les deux, par exemple type M et 5e catégorie.
Le personnel est-il compté dans l’effectif d’un ERP ?
Pour les catégories 1 à 4, l’effectif comprend le public et le personnel. En 5e catégorie, le personnel n’est pas comptabilisé dans le seuil de classement, qui est établi à partir de l’effectif du public.
Tous les ERP de 5e catégorie ont-ils le même seuil ?
Non. Les seuils varient selon le type d’activité et peuvent dépendre de la configuration des espaces. Il faut consulter les dispositions applicables au local concerné pour déterminer le seuil exact.
Qui peut confirmer le classement d’un établissement ?
Le classement s’inscrit dans les démarches administratives liées à l’établissement. La mairie peut instruire le dossier et la commission de sécurité intervient selon la situation, notamment lors de l’examen d’une demande d’ouverture.
Un ERP de 5e catégorie doit-il respecter des règles de sécurité ?
Oui. La 5e catégorie correspond à un régime adapté aux établissements dont l’effectif reste sous certains seuils, mais elle n’exempte pas des obligations applicables en matière de sécurité incendie, de suivi et d’accessibilité.









